Sommaire
En bref
- Zaÿ Zaÿ a ouvert au 134 rue Paradis, dans le 6e arrondissement de Marseille, porté par l’équipe qui avait lancé Matza en 2022.
- Cette adresse mêle cuisine de bistrot française, produits de saison et saveurs épicées inspirées des rives méditerranéennes et de l’Afrique du Nord.
- Le toit-terrasse apporte une option rare dans ce secteur dense de la rue Paradis, entre déjeuner lumineux, dîner tardif et verre au bar à cocktails.
- La carte privilégie les assiettes à partager, les légumes, les poissons crus ou grillés et des desserts qui sortent du réflexe pâtisserie classique.
| Repère | Ce que tu y trouves | Moment le plus adapté |
|---|---|---|
| Adresse | 134 rue Paradis, Marseille 6e | À quelques minutes à pied du métro Estrangin-Préfecture |
| Cuisine | Bistrot méditerranéen, influences françaises et nord-africaines | Déjeuner en semaine ou dîner à partager |
| Toit-terrasse | Tables en hauteur, végétation et ouverture sur les toits du centre-ville | Fin d’après-midi et premières heures du service du soir |
| Boissons | Vins, cocktails et formats adaptés à l’apéritif | Pour prolonger le repas sans changer d’adresse |
Zaÿ Zaÿ, le toit-terrasse qui change la rue Paradis dans le 6e arrondissement
Au 134 rue Paradis, Zaÿ Zaÿ s’installe dans une portion de Marseille où les enseignes soignées ne manquent pas, mais où les tables avec un vrai toit-terrasse restent peu nombreuses. Le 6e arrondissement vit vite. On y croise les bureaux de la Préfecture, les habitants de Vauban qui descendent vers le centre et les promeneurs qui coupent par la rue Paradis avant de rejoindre le Vieux-Port.
Le lieu ne cherche pas à reproduire le restaurant de plage en pleine ville. C’est une bonne nouvelle. L’adresse mise plutôt sur une salle pensée comme un bistrot contemporain, puis sur une montée vers un espace extérieur qui donne de l’air au repas. Le toit-terrasse de Zaÿ Zaÿ fonctionne comme une respiration au milieu d’un axe très minéral. La vue panoramique ne promet pas une ligne de mer dégagée, ce qui serait trompeur à cette adresse, mais elle offre ce que le centre de Marseille a de plus vivant, des façades, des hauteurs, des mouvements de lumière et le rythme des toits.
Le projet est porté par Mathieu et Henri, déjà connus pour Matza, ouvert en 2022 à Notre-Dame-du-Mont. Cette première adresse avait trouvé son public grâce à une cuisine méditerranéenne directe, à une ambiance de quartier et à une manière assez décomplexée d’associer plusieurs influences. Avec Zaÿ Zaÿ, le duo change d’échelle et de décor. La rue Paradis impose une autre lecture, plus urbaine, plus centrale, avec une clientèle qui vient autant pour un rendez-vous de travail que pour un dîner de groupe.
Ce déplacement géographique compte. Entre Cours Julien et Notre-Dame-du-Mont, on accepte volontiers une salle animée, un service spontané et une réservation prise tardivement. Rue Paradis, le niveau d’attente se déplace vers le confort, l’organisation et la possibilité de s’attarder. Zaÿ Zaÿ répond à cette attente sans lisser ce qui faisait l’énergie de Matza. Les épices restent au centre du jeu. La formule se veut bistrotière, mais elle refuse le duo prévisible steak-frites et mousse au chocolat.
Le mot « Zaÿ Zaÿ » a quelque chose de chantant, presque comme une ritournelle. Il colle bien à la tonalité du lieu, solaire sans décor de cinéma. Les murs, le mobilier et la terrasse cherchent la chaleur plutôt que l’accumulation d’objets. Marseille a déjà assez de restaurants qui confondent décoration méditerranéenne et paniers en osier suspendus. Ici, l’intérêt est ailleurs, dans la continuité entre ce qui se passe dans l’assiette et l’atmosphère de la salle.
Le quartier permet aussi de construire une soirée sans trajet compliqué. Depuis Estrangin-Préfecture, compte environ cinq minutes de marche. Depuis la place Castellane, le chemin est faisable à pied en une quinzaine de minutes, avec un peu plus de circulation à l’heure de pointe. Ceux qui viennent en voiture doivent le prévoir avant. Les parkings alentour existent, mais les sorties de bureau et les samedis de marché peuvent transformer le stationnement en perte de temps.
La rue Paradis raconte une Marseille moins touristique que le front de mer et moins nocturne que le Cours Julien. On y vient pour des boutiques, des galeries, des professions libérales, puis pour manger sans traverser la ville. Ce type d’implantation est cohérent avec un établissement ouvert sept jours sur sept. À l’échelle d’un restaurant, cette régularité rend service aux habitants comme aux visiteurs qui cherchent une table le dimanche soir, un créneau où Marseille peut se montrer étonnamment limitée.
La façade du lieu s’inscrit dans un tissu d’immeubles bourgeois du XIXe siècle. Pour comprendre cette architecture urbaine, le détour par la définition d’un hôtel particulier aide à distinguer les grandes demeures historiques des bâtiments mixtes qui structurent aujourd’hui cette partie de la ville. Zaÿ Zaÿ ne joue pas au restaurant installé dans un décor patrimonial figé. Il utilise l’immeuble comme une montée progressive, de la rue active vers une détente en hauteur.
Le résultat parle surtout aux Marseillais qui veulent sortir sans mettre une heure à organiser leur soirée. Un déjeuner sur le pouce peut devenir plus long si la terrasse est ouverte. Un dîner à deux évite le parcours balisé du Panier ou du Vieux-Port. La force du lieu tient dans cette évidence très concrète, une adresse centrale capable de faire oublier, pendant quelques heures, le flux continu de la rue Paradis.

Une cuisine épicée de bistrot, sans folklore ni recettes figées
Zaÿ Zaÿ annonce une cuisine de bistrot française traversée par des influences orientales et méditerranéennes. La nuance mérite d’être prise au sérieux. Une cuisine épicée réussie ne consiste pas à déposer de la harissa sur chaque assiette ni à ajouter du cumin comme signature automatique. Elle repose sur le dosage, l’acidité, le gras et la température. C’est là que le restaurant se joue vraiment.
La carte s’appuie sur des produits de saison et sur le fait maison. Les mezzés végétariens ouvrent souvent le repas avec une logique de partage. Les légumes peuvent porter un plat entier lorsqu’ils sont travaillés avec une sauce nerveuse, des herbes et une texture grillée. À Marseille, où l’offre végétale s’est développée mais reste parfois coincée entre bowl standardisé et cuisine très sucrée, cette approche a du sens.
Les poissons apparaissent sous forme de tartares ou de cuissons au grill. Cette double direction correspond au territoire. Le cru appelle la fraîcheur, les agrumes, l’huile et les condiments. Le grill, lui, demande une cuisson nette et une sauce qui accompagne sans masquer. Chez Zaÿ Zaÿ, les épices servent à construire une profondeur, pas à couvrir la qualité du produit. Une assiette équilibrée laisse encore reconnaître le poisson, le légume ou la viande qui la compose.
La harissa peut amener une chaleur progressive et fruitée. Le safran, plus fragile, apporte une note amère et florale lorsqu’il est bien infusé. Le sumac soutient l’acidité, notamment avec les préparations grasses ou les produits crus. Ces marqueurs donnent à la carte une identité franco-algérienne assumée, sans enfermer le menu dans une cuisine de démonstration. Le meilleur signe reste simple, une table où les assiettes circulent et où chacun trouve un point d’entrée.
Les entrées gagnent à être commandées comme un ensemble. Trois ou quatre choix pour quatre personnes permettent de goûter plusieurs registres sans saturer la table. Une assiette végétale, une préparation de poisson, un plat plus généreux et du pain suffisent souvent à lancer le repas. Commander une entrée par personne comme dans un bistrot traditionnel peut réduire cet effet de partage, alors que l’adresse semble précisément conçue pour provoquer les échanges.
Les desserts prolongent la même logique. Une crème brûlée salée safranée peut surprendre ceux qui attendent un final très classique. Pourtant, le salé dans le dessert n’est pas un gadget lorsqu’il relie ce qui précède. Le safran fonctionne avec les produits laitiers, à condition qu’il soit maîtrisé et qu’une touche sucrée garde la préparation lisible. La carte prend donc le risque de décaler quelques repères, ce qui vaut mieux qu’un menu trop prudent.
La vraie question n’est pas de savoir si chaque tentative atteint une précision parfaite. Les cuisines de fusion ont tendance à multiplier les références jusqu’à rendre l’assiette confuse. Zaÿ Zaÿ doit éviter ce piège, surtout dans les plats les plus chargés. Une bonne assiette épicée garde une ligne claire. Elle ne demande pas au convive de deviner si elle est française, levantine, maghrébine ou grecque. Elle assume simplement plusieurs héritages et les fait tenir ensemble.
Le déjeuner est un bon moment pour saisir la cuisine sans transformer la sortie en longue soirée. Le soir, les assiettes à partager prennent davantage de place et la dynamique change. Il vaut mieux arriver avec l’envie de goûter plutôt qu’avec une commande déjà verrouillée. Cette souplesse est particulièrement appréciable lorsque la carte évolue avec les arrivages et les saisons, car les meilleurs choix ne sont pas toujours ceux qui figurent depuis des semaines sur les publications en ligne.
La gastronomie marseillaise contemporaine avance souvent sur cette ligne. Elle ne renie ni les influences venues des ports, ni les habitudes de bistrot, ni les produits du Sud. Elle se méfie simplement des étiquettes trop étroites. Zaÿ Zaÿ rejoint cette scène avec une proposition accessible dans son format, mais plus ambitieuse qu’un simple restaurant à mezzés. La précision de la cuisson et des assaisonnements déterminera, repas après repas, la solidité de cette promesse.
Le toit-terrasse de Zaÿ Zaÿ pour dîner, boire un verre et ralentir en ville
Un toit-terrasse ne se résume jamais à quelques tables posées dehors. À Marseille, il faut composer avec le mistral, la réverbération, les soirées lourdes de juillet et les intersaisons où la terrasse est plus séduisante à 18 heures qu’à 22 heures. Zaÿ Zaÿ tire son intérêt de cette capacité à créer une détente en hauteur sans faire croire que chaque service aura les conditions idéales d’une soirée de juin.
La meilleure fenêtre se situe souvent entre la fin d’après-midi et le début du dîner. À ce moment-là, la ville se calme un peu, la chaleur quitte les murs et la vue panoramique prend une autre densité. Les tables ne regardent pas un monument précis. Elles donnent plutôt accès à une Marseille de proximité, celle des lignes de toits, des terrasses voisines et de l’animation qui monte depuis la rue Paradis.
Le bar à cocktails prolonge naturellement cette expérience. Beaucoup de restaurants disposent désormais de deux ou trois cocktails pour cocher une case sur la carte. L’enjeu est différent ici. Une adresse avec un rooftop doit permettre de venir boire un verre sans obliger à commander un repas complet, tout en gardant une cohérence avec la cuisine. Les boissons les plus intéressantes auront donc intérêt à jouer sur les agrumes, les infusions, les amers et les épices plutôt que sur les recettes trop sucrées.
Un cocktail relevé demande la même retenue qu’un plat. Un piment mal dosé écrase immédiatement les autres saveurs. Une eau-de-vie, un vermouth, un cordial d’agrumes ou une note herbacée peuvent en revanche créer du relief sans fatiguer le palais. Les vins ont aussi leur place. Une carte bien construite peut faire cohabiter les blancs tendus de Provence, les rouges frais du Rhône méridional et quelques bouteilles méditerranéennes capables de suivre les plats relevés.
Les groupes de quatre à six personnes trouveront probablement le format le plus confortable. La cuisine de partage, les cocktails et la terrasse forment une combinaison simple pour un anniversaire discret ou une sortie après le travail. Les grandes tablées demandent davantage d’anticipation. Dans un espace extérieur, la logistique du service et le confort acoustique se dégradent vite si l’on ajoute trop de convives autour d’une même table.
Le toit peut aussi séduire les visiteurs logés près du Vieux-Port qui veulent éviter les adresses les plus exposées aux flux touristiques. La différence se joue moins sur le prix que sur le contexte. Sur le quai du Port, la vue porte le repas. Rue Paradis, c’est le repas qui garde la priorité, puis la terrasse lui donne un supplément de légèreté. Ce détail évite de payer uniquement pour un décor.
Les soirées venteuses imposent une part de réalisme. Le mistral ne se négocie pas avec une publication Instagram. Il est utile de demander, au moment de réserver, si l’espace en hauteur sera bien accessible et si une table intérieure est prévue en alternative. Les bons établissements organisent ce passage sans drame. Les moins rigoureux laissent les clients découvrir le problème en arrivant, alors que quelques mots au téléphone ou lors de la réservation suffisent.
Le dimanche peut être une option pertinente. Marseille conserve une vie de quartier active ce jour-là, mais les restaurants qui ouvrent avec une offre construite restent moins nombreux qu’on le croit. Zaÿ Zaÿ peut donc répondre à une vraie demande, celle d’un déjeuner tardif ou d’un dîner sans devoir se rabattre sur une brasserie impersonnelle. Cette ouverture continue est un détail très pratique pour ceux qui vivent dans le secteur.
La terrasse ne remplace pas une cuisine solide, et elle ne doit pas être la seule raison de choisir l’adresse. Elle crée toutefois une autre manière de prendre place en ville. À quelques rues de la Préfecture, un repas peut ainsi sortir du face-à-face avec la circulation et retrouver ce temps plus ample que Marseille sait offrir dès qu’on prend un peu de hauteur.
Réserver Zaÿ Zaÿ rue Paradis sans tomber dans les habitudes du centre-ville
Zaÿ Zaÿ est annoncé comme ouvert tous les jours, ce qui facilite la réservation mais ne garantit pas une table à la dernière minute. Le restaurant a bénéficié d’une visibilité rapide depuis son ouverture de fin février 2025. En 2026, l’effet nouveauté a laissé la place à une clientèle plus installée, mais les soirs de fin de semaine restent très demandés, surtout quand la météo annonce une terrasse agréable.
Réserver deux ou trois jours avant est une marge raisonnable pour un dîner de quatre personnes. Pour une table sur le toit-terrasse le vendredi ou le samedi, mieux vaut s’y prendre plus tôt. Demander explicitement un emplacement extérieur permet d’éviter le malentendu. Certains clients écrivent seulement « terrasse si possible », puis considèrent la demande comme confirmée. Dans un restaurant urbain, cette formule reste une préférence, pas une garantie.
Le déjeuner en semaine est moins contraint. Il convient bien aux rendez-vous professionnels qui cherchent plus de caractère qu’une brasserie, sans le cérémonial d’une table gastronomique. Le service doit alors garder une cadence nette. Entre midi et 14 heures, le quartier fonctionne avec des horaires serrés, notamment autour de la Préfecture et des cabinets installés dans le secteur. Un repas de partage peut rester fluide si les commandes sont prises rapidement.
La situation dans le 6e arrondissement rend les transports plus simples que l’accès automobile. Le métro Estrangin-Préfecture reste l’option la plus logique. Les lignes de bus qui passent sur Paradis ou à proximité peuvent compléter le trajet selon le point de départ. Les Vélos et trottinettes permettent aussi de rejoindre le restaurant, mais la circulation du centre demande d’être attentif, surtout à l’approche de Castellane.
Venir en voiture depuis Aix-en-Provence pour dîner rue Paradis peut paraître simple sur le papier. La réalité dépend de l’heure de départ et du parking choisi. En semaine, l’entrée dans Marseille et le dernier kilomètre prennent facilement plus de temps que prévu. Un stationnement dans un parking du centre, suivi de dix minutes à pied, est souvent plus serein que de tourner autour de la rue Paradis. C’est moins glamour, mais la soirée commence mieux.
Le budget dépendra forcément des choix de table, des vins et du nombre d’assiettes partagées. Une sortie avec plusieurs petites assiettes, un plat et un cocktail ne se place pas au même niveau qu’un déjeuner simple. Le bon réflexe consiste à regarder la carte actualisée au moment de la réservation plutôt qu’à se fier à une ancienne photo. Les ouvertures récentes font circuler beaucoup de prix datés, parfois issus des premières semaines d’activité.
Le créneau le plus agréable combine souvent une réservation vers 19 heures et une arrivée à pied depuis Estrangin. Cette heure évite une partie de l’agitation du dîner tardif, laisse le temps de profiter du bar à cocktails et augmente les chances de bénéficier de la terrasse avant que les rafales ou le bruit ne changent l’ambiance. Les habitudes marseillaises poussent volontiers les convives vers 21 heures, mais le rooftop s’apprécie souvent mieux plus tôt.
Les personnes sensibles au bruit gagneront à choisir une table un peu éloignée des zones de passage. Les rooftops deviennent vite sonores quand les groupes s’installent et que les verres s’accumulent. Ce n’est pas un défaut en soi. C’est une information à intégrer selon le type de soirée recherché. Un dîner de retrouvailles s’y prête très bien. Une discussion professionnelle très confidentielle demande plutôt une table intérieure ou un horaire de déjeuner.
Les habitués du centre-ville savent qu’une bonne adresse se mesure aussi à sa capacité à ne pas compliquer le repas. Zaÿ Zaÿ semble avoir compris cette attente avec son emplacement accessible, son ouverture régulière et son format souple. La réservation devient alors un geste simple, à condition de choisir le bon créneau plutôt que de miser sur l’improvisation un samedi soir.
Pourquoi Zaÿ Zaÿ s’inscrit dans la nouvelle gastronomie marseillaise
Marseille n’a pas attendu les rooftops pour manger dehors ni les réseaux sociaux pour mélanger les cuisines. Le port, les migrations et les quartiers ont façonné des habitudes culinaires complexes depuis longtemps. Ce qui change aujourd’hui, c’est la manière dont certains restaurants mettent ce mélange en scène. Zaÿ Zaÿ ne se contente pas d’ajouter des épices à une carte française. Il propose une lecture plus contemporaine du bistrot, où les recettes voyagent sans devenir un spectacle.
Le lien avec Matza est clair. L’équipe reprend une envie de convivialité et la transpose dans un cadre plus central. Cette continuité peut rassurer les clients qui avaient apprécié l’adresse de Notre-Dame-du-Mont. Elle pose aussi une exigence. Ouvrir un second restaurant ne consiste pas à reproduire une première réussite. La cuisine, l’accueil et la cadence doivent évoluer avec le quartier, la salle et les attentes différentes de la rue Paradis.
La gastronomie marseillaise actuelle se construit à plusieurs vitesses. Les tables traditionnelles gardent leur place. Les pizzerias de quartier restent très fréquentées. Les comptoirs de produits de la mer attirent toujours les visiteurs et les habitants. À côté, une génération d’adresses travaille le végétal, les fermentations, les épices, les vins naturels ou les cuissons au feu. Zaÿ Zaÿ se situe dans cet espace, avec une proposition plus accessible qu’un menu dégustation et plus singulière qu’un bistrot conventionnel.
Le choix du partage répond également à une évolution nette des usages. Les convives veulent composer leur repas, goûter plusieurs choses et éviter la lourdeur d’une succession entrée-plat-dessert. Ce format a pourtant une limite. Les portions doivent être lisibles et le service doit savoir orienter sans pousser à la commande excessive. Une équipe attentive expliquera combien d’assiettes prévoir selon le nombre de personnes. Cela évite de doubler les quantités par peur de manquer.
La montée en puissance des saveurs épicées traduit aussi une attente locale. Marseille possède de longue date des épiceries, des marchés et des familles où ces profils gustatifs font partie du quotidien. Les restaurateurs qui arrivent de l’extérieur oublient parfois cette évidence et présentent le cumin ou le piment comme une découverte. Zaÿ Zaÿ semble éviter ce ton. Son intérêt vient de sa capacité à relier une culture bistrotière connue à des gestes culinaires déjà bien présents dans la ville.
Les visiteurs peuvent y voir une porte d’entrée utile vers une Marseille moins standardisée. Il ne s’agit pas de prétendre résumer la ville dans une seule adresse. Pour découvrir une cuisine algérienne familiale, des spécialités comoriennes ou des produits arméniens, il faut aussi sortir des parcours du centre et regarder du côté de Noailles, Belsunce, Saint-Mauront ou La Rose. Un restaurant comme Zaÿ Zaÿ propose une interprétation d’auteur, pas une carte géographique exhaustive.
La force de Marseille tient justement à cette coexistence. On peut déjeuner sur le pouce près de la place des Capucins, acheter des épices à Noailles, puis dîner rue Paradis dans un cadre plus construit. Les trois expériences ne jouent pas le même rôle et ne demandent pas le même budget. Les confondre serait une erreur. Les articuler dans un séjour ou dans une semaine de vie marseillaise donne une vision plus juste de la ville.
La réussite future de Zaÿ Zaÿ dépendra donc de sa régularité. Une belle terrasse attire lors des premières semaines. Une cuisine précise, une carte qui bouge intelligemment et une salle bien tenue créent les retours. Les Marseillais ne restent pas longtemps fidèles à une adresse qui mise seulement sur son décor. Ils reviennent quand le service se souvient du rythme du quartier et que les assiettes gardent du caractère un mardi comme un samedi.
Zaÿ Zaÿ apporte une proposition cohérente au centre de Marseille, entre bistrot, bar à cocktails et espace extérieur. Le lieu ne promet pas de réinventer toute la cuisine méditerranéenne. Il propose mieux qu’un concept plaqué, un endroit où l’on peut manger relevé, partager largement et regarder Marseille autrement, depuis les toits plutôt que depuis une vitrine.
Où se trouve Zaÿ Zaÿ à Marseille ?
Zaÿ Zaÿ se situe au 134 rue Paradis, dans le 6e arrondissement de Marseille. Le métro Estrangin-Préfecture se trouve à quelques minutes de marche.
Quel type de cuisine propose Zaÿ Zaÿ ?
Le restaurant travaille une cuisine de bistrot méditerranéenne avec des influences françaises et nord-africaines, des mezzés végétariens, des poissons crus ou grillés et des assaisonnements relevés.
Peut-on venir seulement pour boire un verre ?
Le toit-terrasse et le bar à cocktails se prêtent à un apéritif. Vérifier les conditions d’accueil et les horaires du jour au moment de réserver reste préférable.
Faut-il réserver pour profiter du toit-terrasse ?
La réservation est vivement recommandée le soir et le week-end. Préciser la préférence pour la terrasse lors de la demande améliore les chances d’obtenir une table en hauteur.